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1999.10.22

Un été insipide

Insipide parce qu’il ne ressembla en rien à ce que recouvre le mot d’été : je dus ressortir mon imperméable et je n’ai guère eu d’occasion de porter mon panama. Pour autant vous ne m’entendrez jamais m’en plaindre, contrairement à mes collègues pour lesquels la couleur du ciel fut un sujet primordial de conversation durant ces trois derniers mois. Les années auront beau s’accumuler, j’ai toujours le cœur gros lorsque surviennent les premières chaleurs. Il faisait étouffant à la fin de la deuxième année de Sciences-po, pendant que j’attendais dans le bâtiment désert de passer l’oral de Finances publiques. A cause de l’initial de mon nom, j’étais le dernier à passer, avec Amandine V… qui, ses cours à la main, marchait de long en large dans le couloir en répétant à haute voix la date de fondation de la Banque de France, de la Caisse des Dépôts, le montant du budget de l’Etat… Elle ne m’irritait même pas, j’étais pris de cette torpeur qui m’a pas quitté de tout l’entretien et qui passa pour du je-m’enfoutisme : je savais que passé la demi-heure, je sortirai par la porte sur la place Arnold, passerai le parvis désert de St-Maurice, suivrai l’avenue des Vosges en sachant que je ne fêterai pas la fin des examens, que personne ne m’appellerai, que j’étais déjà oublié, triste de n’avoir pas réussi une fois de plus à me lier.

Un été pluvieux me soulage et ne me « déprime » pas, pour reprendre une expression de ma mère. Je lui fais invariablement remarquer qu’on ne peut de toute façon rien y changer. Elle s’exclame que je suis sec et tranchant, « comme l’était ton grand-père », alors je rétorque : « via ma mère ». Elle nous trouve « froids » ma sœur et moi, pourtant c’est elle qui nous a répété de ne jamais croire « ni à la bonté ni à l’honnêteté des gens ». C’est elle aussi qui lors d’un mariage prêta avec beaucoup de naturel main forte pour égorger un mouton destiné méchoui en lâchant : « Lorsque je travaillais dans un labo pharmaceutique, je décapitais jusqu’à 30 rats à la chaîne pour récupérer leur sang ». Mon père n’a jamais fait le poids – sauf physiquement, ce qui accentue son côté débonnaire et indifférent. Je lui rappelai l’anecdote des rats lorsqu’il me raconta au téléphone qu’un matin de ce mois de juin, durant sa promenade matinale dans la forêt derrière la maison de mes parents, le chien ne voulut pas ressortir d’un fourré. Ma mère s’approcha et le vit immobile, en train de regarder se balancer dans la lueur de l’aube un pendu. « Elle était toute pâle et elle me secouait pour me réveiller en me répétant « il y a un pendu… » alors je lui ai répondu « appelle les gendarmes à Lutterbach, qu’est-ce que tu veux faire ? Tu sais, il ne va pas te manger le pendu». Je pris un malin plaisir à lui demander si elle l’avait touché, si elle avait vu son visage, de la même manière qu’enfant, je faisais exprès de replonger la tête dans mon livre quand elle s’asseyait le soir sur mon lit après m’avoir souhaité bonne nuit. J’espérais qu’elle m’embrasse. Elle attendait certainement que je lui parle. Elle finissait par s’en aller en silence. Depuis quelques années, elle tient à m’embrasser sur le quai de la gare. Nous sommes maladroits à chaque fois. 

J’ai hésité à intituler cette chronique « Histoire de France », comme l’ouvrage le plus connu de Jacques Bainville que j’ai lu cet été. Je le connaissais de nom mais il m’évoquait surtout une petite ville de Normandie – du genre de celle qui rythmèrent le chemin de la grand-mère d’Héloïse V… lorsqu’en juin 44, elle fuit à pieds Lisieux bombardées pour la capitale, avec deux gros calendots dans un filet à provisions. J’ai entendu l’anecdote alors que je passais à nouveau quelques jours dans la maison des V…en Haute-Loire. J’ai souvent dit à Héloïse que je l’épouserais rien que pour avoir son père pour beau-père. Lors de ma première visite, je m’apprêtais à le saluer alors qu’il revenait du garage avec sous le bras un grand portrait de Louis XVIII. Il le posa sur le premier fauteuil à sa portée, esquissa le geste de me tendre la main et s’aperçut alors que le « roi de France et de Navarre, avec l’aide de Dieu qu’il rende son peuple heureux et content » avait la tête en bas. Il le retourna et c’est devant cette figure en forme de poire si reconnaissable que nous pûmes enfin nous serrer la main. Un homme passionnant, retraité des Renseignements Généraux, qui sert du vin bulgare à sa table, raconte comment une indiscrétion d’un commissaire lançant qu’il avait quelqu’un dans la cabine de son du congrès du PS en 1994 obligea Pasqua, Ministre de l’Intérieur, à retirer au RG le suivi des partis politiques et s’insurge contre le procès Touvier puisqu’une grâce présidentielle ne peut en aucun cas être remise en question. En sa compagnie je lis les chapitres d’après 1924, ceux que Jacques Bainville n’a pas rédigés. Une de ces dernières anecdotes avant qu’Héloïse ne m’amène à la gare d’Aurec s’acheva sur « j’ai vu un ouvrage chez un bouquiniste à ce sujet.  J’ai voulu l’acheter et puis je me suis dit, cela suffit avec cet été 44…vraiment cette formule « d’un passé qui ne passe pas » est on ne peut plus appropriée ».

Il y a encore quelques années, je n’aurais pas tout à fait saisi ce qu’il voulait dire. Je ne suis pas arrivé à Sciences-po en ayant lu Aron ou Duhamel et le nom d’Henri Rousso pas plus que celui de Duverger ne me disaient à l’époque quelque chose. J’y suis arrivé presque par hasard, parce que je ne savais pas quoi faire après le bac, qu’on me répétait qu’on m’y verrait bien et que mes parents m’ont payé une prépa d’été. Je ne me souviens pas les avoir jamais entendu professer une quelconque opinion politique. Ma mère m’a juste raconté que lors de la soirée électorale de 1981, l’image à l’écran avait mis du temps à apparaître : on ne vit durant de longues secondes qu’un crâne chauve qui aurait pu appartenir aussi bien à Mitterrand qu’à Giscard. Son unique geste de révolte en Mai 68 fut d’avoir tordu une petite cuillère à la cantine du lycée catholique St-Ursule. Quant à mon père, je sais qu’il a voté au moins une fois Villiers parce que « la rue de Dornach [où se trouve son cabinet dentaire] est envahie de döner kebabs ». Je ne garde aucun souvenir de l’élections de 1995. J’étais brièvement rentré de Prague lors du 1er tour de celles de 2002 – et n’avait donc pu prendre part au vote vu que j’étais inscrit sur les listes électorales de l’ambassade. Je me souviens que nous rentrions du cinéma quand, dans la cage d’escalier, ma sœur avait lancé que Jean-Marie Le Pen était au second tour. Je repartais en République tchèque le surlendemain, où j’avais reçu comme tous le monde ces mails évoquant un soi-disant rapport des RG pronostiquant la victoire du FN au second tour. J’avais feint de croire la France au bord du fascisme, mais en fait je n’avais pas d’avis sur la question. J’ai bien écrit que le jour de cette grande manifestation où tant de jeunes de mon âge s’étaient grisés de retrouver un peu de l’esprit de Front populaire, j’étais attablé avec un livre sur une banquette râpé du café du Rudolfinum, à déguster lentement la crème fouettée d’un café viennois que m’avait apporté un vieux serveur au gilet délavé et que je me sentais « comme dans un roman de Stefan Zweig, à regarder un monde qui s’achemine vers l’abîme » – mais c’était surtout pour caser la formule qui revient invariablement sur la quatrième de couverture des nouvelles éditions de bouquins écrits dans les années 30. Je me souviens encore que ma mère repassait pendant qu’aux informations le mur de Berlin s’ouvrait et me demanda ce que j’avais à « sauter comme ça ». Je n’en comprenais bien sûr pas la portée et j’ai longtemps cru que les Berlinois l’avaient simplement casser à force de grimper dessus, mais j’avais sa remontrance à l’esprit tandis que je voyageais dans ce qui avait été le Bloc de l’Est.      

J’ai vu le débat Royal Sarkozy en dînant d’une salade de gésiers avec à ma gauche un attaché parlementaire – comme la plupart, exploité par son député, et à ma droite Michaël M… dont la bibliothèque me laisse rêveur – il ne lit que des essais. Nous étions attablés comme la famille de Jean-Paul Dubois telle qu’il la décrit dans « Une vie française », sauf qu’à cette époque ils faisaient face à un téléviseur en noir et blanc sur l’écran duquel ils écoutaient avec respect De Gaulle discourir de la grandeur de la France sur l’unique chaîne de l’ORTF. On n’avait déjà rien retenu du débat Chirac-Jospin, il ne restera de celui-ci qu’une tentative de colère glacée façon Mitterrand qui tomba à plat tant elle semblait artificielle : le « Je ne suis pas énervé, je suis en colère et il y a des colères saines » est un plaisir à tourner en dérision en l’utilisant dans tous les contextes. Nous avons pourtant vu s’achever une époque, avec ses mœurs et ses coutumes. Du temps des précédents candidats, ceux-ci soignaient leurs formules, leur prononciation. A force d’erreurs de syntaxe, de phrases bancales jamais terminées, de répliques jetées d’un ton saccadé, cette lenteur emphatique paraîtra bientôt aussi désuet que l’éloquence de Malraux lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon. Les écoles de commerce et les avocats d’affaires ont éclipsé l’ENA et Normaliens. Nous y gagnerons peut-être en efficacité - et encore... 

J’ai toujours eu de bonnes notes en histoire, parce que j’ai une bonne mémoire, jamais parce que j’y trouvais une source d’exaltations. Mes parents sont de purs scientifiques qui n’ont jamais compris comment ils avaient fait pour avoir un fils qui aimait la philo. Je suis né dans une petite ville de Ruhr où il n’y a jamais eu grand-chose à voir et encore moins après la Seconde Guerre Mondiale, pour la simple raison que mon père a toujours parlé le dialecte à la maison et qu’outre-Rhin existe de ces gros cabinets de dentistes associés dans lesquels il était mois onéreux d’entrer que d’en racheter un en France. Ma mère, dont la mère gardait de si mauvais souvenirs de la seconde annexion qu’elle s’est toujours refusé par la suite de remettre un pied outre-Rhin, cessa d’égorger des rats pour le suivre et s’y ennuya durant 3 ans – ce qu’elle lui a longtemps reproché. Ils m’emmenèrent voir les lieux de mon enfance à l’occasion d’un week-end chez l’ancien dentiste en chef. Nous passâmes le « GuteHoffnungsbrücke » (pont du Bon Espoir) dont ils m’avaient parlé au-delà duquel, selon l’anecdote, « on sait qu’on est en été parce que la pluie est tiède ». Avant comme après ce n’étaient que béton grisâtre et sites industriels à perte de vue. Rien de particulièrement notable des deux côtés de la famille, à l’exception d’une arrière-grand-mère paternelle qui a craché au visage de Lattre de Tassigny lors de la libération de Colmar parce que les obus français avaient tué le dernier fils qu’il lui restait. Je dus attendre mon voyage en Biélorussie pour que ma grand-mère maternelle ressorte la dernière lettre de son frère, porté disparu dans cette zone du front russe. C’est à ce moment que j’appris que la claudication de son autre frère venait de ce qu’il avait reçu un éclat d’obus dans la jambe en participant au débarquement. En constatant sa fuite, l’armé allemande avait menacé de déportation la famille entière au cas où le second fils viendrait lui-aussi à disparaître à sa majorité. Elle s’adressa à une association d’anciens combattants de la Wehrmacht qui, par recoupements, parvint à retrouver trace de son unité, anéantie aux abords de la ville, désormais lituanienne, de Marianpole. « Tu vois, il ne faut pas compter sur les Français ! » avait lâché son mari. En triant ses affaires après sa mort, elle nous en montra des portraits en uniforme vert-de-gris. Ma sœur, qui avait connu sa première, et dernière, manifestation à l’occasion d’avril 2002 s’écria avec horreur : « mais il a tué des Juifs ? ». Avec un grand sourire, je lui assénai : « sans doute pas que des Juifs, vu qu’il était en Yougoslavie… ».

Cet été donc, coiffé d’un canotier et mon Bainville à la main, je suis allé voir ces endroits proches de Paris mais qu’on ne pense jamais à visiter: le donjon de Vincennes, le parc de St-Cloud - Bonaparte renversa le Directoire dans le château brûlé par les Prussiens et De Gaulle rencontra Coty dans la maison du conservateur. Je vis la coupole de l’église du Val-de Grâce soudainement s’illuminer, le vent ayant poussé les nuages, avant de prendre le RER à Port-Royal pour le château de Sceaux. La banlieue défila derrière les vitres sales et comme à chaque fois, je me demandai comment on avait pu transformer ce qui dût être une belle campagne en un  amoncellement aussi laid. Je marchai après le travail depuis la Défense jusqu’à l’Etoile. En contrebas de la dalle, au milieu des voies routières, se dresse une femme de bronze coiffée de créneaux : le seul vestige du quartier ainsi baptisé pour sa résistance lors du siège de 1870. Ensuite, les constructions de verre et de pierre lisse semblent avoir coulé à travers Neuilly par la tranchée de l’avenue de la Grande Armée. Un autre soir je passai la Seine à Suresnes pour voir ce monument aux fusillés près de la Grande cascade. Je me perdis dans le bois de Boulogne en cherchant un arrêt de bus. Je ne voulais pas trop marcher au bord de ces routes qui le balafrent par peur qu’un de mes collègues ne m’y aperçoivent, alors je m’enfonçais dans les chemins en évitant autant que possible de jeter des coups d’œil aux alentours…

Ce fut le premier 14 Juillet qui eut pour moi une réelle signification. En l’honneur de l’émir du Qatar qui ressemblait à un éléphant de mer et faisait paraître le Président encore plus petit, je mis ma tenue de Saoudien que m’a ramené un copain expatrié à Jeddah pour un « brunch patriotique » chez une amie qui possède un grand écran. Le kheffieh rouge et blanc n’est guère pratique, il faut constamment le remettre en arrière et veiller à ce qu’il ne trempe pas dans l’assiette. Quant au cordon noir, il n’est pas du tout élastique comme je le pensais mais simplement posé sur le crâne – et pour cause : il s’agit du cordon qui servait à l’origine à entraver les pattes des chameaux durant les haltes. Il tomba sur les croissants alors que je me penchais sur ma tasse de café. Le défilé terminé, je rentrai par les Tuileries où un clown rameutait pour un rassemblement de revendications disparates - le retrait des territoires occupées en Cisjordanie, la fin de la guerre en Irak, une intervention au Darfour...Il fut rejoint par un cortège de sans-papiers que menait un homme aux cheveux gris hirsutes coiffés d’un bonnet phrygien dont je saisis au vol cette parole : « des collabos, à leur âge ! ». Je ne sais s’il parlait de personnes âgées ayant connu l’Occupation ou de jeunes de mon âge partisans du nouveau Président. M. V… aurait hoché la tête. Les voitures officielles avec leurs petits drapeaux étaient garées un peu partout le long des Champs-Elysees. Des hauts parleurs accrochés dans les arbres relayaient les appels : « la voiture n°6, de l’ambassadeur de Hongrie, est attendue ». Nouvel appel 5 minutes plus tard – j’imaginais l’ambassadeur s’impatienter à la sortie de la garden-party. Il y avait sur les boulevards des militaires en treillis qui faisaient voir leurs blindés et des St-Cyriens congestionnés dans leurs uniformes. Le soir après le feu d’artifice, je me suis fait  aborder par trois légionnaires ivres qui cherchaient le RER pour rentrer à la caserne: deux qui se tenaient mutuellement debout, la chemise largement ouverte et le képi de travers, le troisième moins imbibé qui avait pris soin de ranger le sien dans un étonnant petit carton à chapeau en toile imprimée camouflage.

Quelques jours plus tard ma grand-mère m’envoya une lettre dans laquelle elle écrivait qu’elle avait « trouvé très beau tous ces uniformes, du coup j’étais même un peu patriotique ». Le fait de parler souvent alsacien, l’émotion d’avoir parlé plus haut de mon défunt grand-père explique l’erreur de vocabulaire – ou tout simplement le sentiment qu’il s’agit justement de quelque chose de vaguement honteux. Je crois que nous sommes la seule nation d’Europe à avoir ainsi tant de mal à parler de patrie. Des journalistes ont écrit que, depuis la coupe du monde qui leur avait permis de brandir leurs drapeaux en toute innocence, les Allemands n’ont plus ces pudeurs – si tant est que dans leur for intérieur ils en aient jamais eu. En décembre dernier, j’avais été envoyé suivre une conférence sur le financement des projets de dessalement à Mayence. Personne ne voulait aller en Allemagne et j’avais ainsi l’occasion d’en visiter la cathédrale impériale. Je m’achetai des marrons chauds au Weihnachtsmarkt sur la grand-place dont on reconstruisait un côté pour lui redonner, comme à Berlin, comme à Dresde et dans une multitude de villes allemandes, son aspect d’avant-guerre. Le temps n’est plus où les Allemands ne se reconnaissaient que dans la Mercedes et la D-Mark. Le vieux monsieur me tendit un sac en papier sur lequel était scotché un deuxième sac en me disant « für die Schalen » (pour les épluchures, pour ne pas les jeter au sol). Les pays gardent ainsi de ces marques distinctives, ce qui est au demeurant rassurant.

 

J’en aurais une meilleur preuve le lendemain. La conférence se tenait au dernier étage du siège de la Landesbank Rheinland-Pfalz, un bâtiment de cette architecture sobre et opulente typique de la reconstruction allemande et que finalement tous les centres d’affaires ont fini par adopter. Autour de la table étaient réunis des chercheurs, des banquiers, des industriels, tous allemands sauf un Anglais qui avait l’air perdu. Mais tous parlaient parfaitement anglais. Les horaires annoncés furent scrupuleusement respectés et il était hors de question de se faire servir une tasse de café après le buffet dans la mesure où celui-ci n’était prévu qu’à la première pose de l’après-midi. J’entendis ma grand-mère paternelle me dire « on n’est pas complètement français, ni complètement allemand, on est entre les deux » en voyant un visage s’éclairer d’un sourire découvrant des fausses dents de ce « blanc bidet que les patients me [au Dr Schmitt] demandaient à Gladbeck » à la vue de mon nom sur le badge. Un intervenant exposa les acteurs du marché du dessalement et quelqu’un dans l’assistance demanda « et où est donc l’Allemagne ? ». Quelques explications furent avancée et le modérateur, large et blond comme une caricature de Teuton, conclut que « si nous sommes ici réunis aujourd’hui, c’est aussi pour qu’un jour il y ait un nom allemand parmi toutes ces entreprises ». Plus tard fut évoqué le dessalement thermique : alors un homme leva la main et déclara: « j’aimerais faire remarquer que Sidem était une entreprise allemande, avant qu’elle ne soit rachetée par Véolia. Ils ne le mettent pas en avant, mais si les Français font aujourd’hui des affaires, c’est grâce à la technologie allemande ». La salle toute entière partit en applaudissements.

« Le livre de chevet d’une génération » est-il écrit dans l’avant-propos de cette nouvelle édition du Bainville. La formule est assez galvaudée, on parle maintenant de génération Sarkozy, à l’instar de celle de Mitterrand. Je n’ai par contre pas vu le terme accolé au nom de Chirac, qui, rapporte Paris Match, a été aperçu sur le balcon de son hôtel de Biarritz avec un livre de la collection SAS. En dépit de mes efforts, je crains que ce ne soient les histoires et non l’Histoire qui m’intéressent. Le 5 mai au soir, j’étais en Algérie. Au moment où PPDA déclarait de sa voix nasillarde « Nicolas Sarkozy sera donc le 6ème président de la Vème République.. », le muezzin lança son appel lancinant à la prière. Tout comme en 2002, j’étais ravi de ne pas être en France et je ne serais certainement pas allé place de la Concorde. Le seul personnage qui me sembla alors digne d’intérêt était ce type perché au sommet d’un lampadaire : il passa sur toutes les chaînes de télévision, mais nous ne savons rien de lui.

Tonik

 
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