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2006.06.09

L’insoutenable legerté d’être Marie-Antoinette


Quelques minutes à peine se sont écoulées et l’on reconnaît déjà la patte inimitable de Sofia Coppola, sa lumière, son rythme, ses angles de vue…

medium_18480276.jpgAlors que le générique et les premières critiques laissaient présager un « Ally McBeal à Versailles », le film réserve plutôt une agréable surprise. Les tatillons, bien sûr, y trouveront à redire, le départ d’Autriche de la future Dauphine est filmé à Vaux-le-Vicomte et la première pièce dans laquelle elle entre à Versailles est en fait le salon ovale de l’hôtel de Soubise à Paris. Toutefois ce ne serait pas rendre justice au film que d’épingler ces petites libertés prises par rapport à l’histoire. Entre la lettre et l’esprit, Sofia Coppola a choisi l’esprit et un des plus légers qui soient.

Le spectateur découvre ainsi avec les yeux de la future reine la vie de Versailles, le château, la Cour, l’Etiquette. L’histoire prend son temps et a bien raison. Les images du parc qui se réveille, avec ses bassins qui s’animent et ses façades qui s’éclairent sont de toute beauté. medium_18610073.3.jpg


L’insouciance du microcosme dans lequel évolue Marie-Antoinette, cette fraicheur et ce goût de la vie autour d’un dîner aux chandelles ou d’une coupe de champagne à l’aube donnent un rythme à la fois enlevé et coulant. On se laisse porter et on cueille l’instant, une musique décalée, un bal masqué à l’Opéra Garnier (bel exemple de néobaroque XIXe !), des toilettes extravagantes, des pâtisseries délirantes... tout passe en douceur. On se laisse également toucher par la complicité entre la Dauphine et le roi, son beau-père, ou par le couple Louis XVI – Marie-Antoinette. On prend en amitié la superficielle duchesse de Polignac, jet-setteuse invétérée, ou la princesse de Lamballe, confidente de la reine. On redécouvre enfin Versailles dans ses plus beaux atours, de la Galerie des Glaces au Petit Trianon, du Grand Canal à la Cour de marbre, de la chambre du Roi à la chapelle etc. Là où le Da Vinci Code avait échoué avec le Louvre, Sofia Coppola réussit à Versailles : exploiter la magie des lieux.

medium_18480274.jpgMais la grande Histoire ne tarde pas à rattraper la petite et la foule en colère ramène de force la famille royale à Paris. On voudrait encore croire à une happy end. Le film s’achève, tout en pudeur. Il est déjà loin le léger temps des rires et des folies. Marie-Antoinette jette alors un dernier regard sur Versailles comme on essaye de se souvenir d’un beau rêve quand il faut se réveiller.

 

Primo Piano 

02:25 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Excellent! Vous auriez dû signer Robespierre!
Il me semble que vous aimez la peinture. Venez-donc faire un tour chez moi. Ca évolue dans la cotation ;-)

Écrit par : Fleuryval | 2006.06.12

Merci beaucoup!Grâce à toi j'ai vu ce film qui ne m'attirait guère (fichues critiques... et fichue bande annonce!).
C'est de loin le meilleur film de l'année!
La photo est d'une qualité presque... digne de Visconti (aïe je m'enflamme) mais ce n'est pas tout. Les personnages sont magnifiques, emplis d'humanité en dépit de leur apparente superficialité. A la fin de film, Louis XVI et Marie-Antoinette révèlent leur courage lors de quelques scènes très émouvantes. Ils acceptent leur martyre à venir, unis et humbles, consciemment. Sofia Coppola évoque les drames à venir en seulement quatre plans, en toute sobriété.

Écrit par : Ambrogio Riva | 2006.06.19

Les commentaires sont fermés.

 
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