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2006.06.18

L’Ethique du Capitalisme

 

                                 

     Le capitalisme français défraie la chronique, une fois de plus. Le cours de bourse d’EADS a décroché cette semaine de 30% de sa valeur en une journée, soit une perte de 6,6 milliards d’euros. La raison ? L’annonce de retards dans les chaînes de montage de notre A380 national qui impacteront in fine les délais de livraison. En outre, en même temps que les petits actionnaires voyaient leurs actions fondrent comme neige au soleil, on apprenait que quelques semaines plus tôt 6 dirigeants d’EADS avaient sagement vendu une grande part de leurs stock-options, empochant du coup, avant la tourmente, une plus-value de plusieurs millions d’euros. Vous avez dit délits d’initiés ?

   Le scandale ici est partout. Comment tout d’abord se satisfaire qu’une des plus grandes entreprises européennes puisse être la victime d’une gestion aussi calamiteuse de son système de production? Comment ne pas tomber de sa chaise quand on entend Arnaud Lagardère, co-président du conseil d’administration d’EADS tout de même, avouer en substance ne pas savoir ce qui se passe sur ses chaînes d’assemblage? Comment interpréter, sinon comme une défiance à la société que l’on gère, la vente simultanée par ses dirigeants, d’une partie de leurs stock-options? Comment tolérer que Monsieur Forgeard emploie le mot de « péripéties » pour décrire cette crise majeure? Comment enfin croire ne serait-ce qu’une demie seconde qu’au moment où les dirigeants ont exercé leurs stock-options ils n’avaient aucune idée des retards éventuels auxquels la production aurait à faire face alors que cette information circulait depuis longtemps sur les lignes de montage?

 

    Cette crise, tout comme l’affaire Zacharias, est un bon exemple, comme il y en a malheureusement quotidiennement en ce moment, du décalage entre la société française et ce que l’on ose encore appeler ses élites.

    Les rémunérations des grands patrons sont énormes voire disproportionnées mais que rémunèrent-elles au juste ? Ces sommes faramineuses, on a tendance à trop souvent l’oublier, ne rémunère qu’une seule et unique chose : la responsabilité.

    Cette rémunération est contractuelle. Quand une entreprise est florissante, il est normal que son dirigeant soit payé en conséquence, même grassement. En revanche, autant le dirigeant est responsable quand tout va bien, autant sa responsabilité doit être immédiatement mise en jeu en période de crise. Un patron est un fusible. Sa rémunération est une assurance. Quand tout va bien, il engrange mais quand la gestion est en cause, il doit sauter. C’est ce risque que paient ces salaires mirobolants et c’est cette partie du contrat que bon nombre de dirigeants ont tout simplement oublié.

    Quelle image du capitalisme donnent-ils alors ces irresponsables encravatés ? Comment s’étonner après de la méfiance de la société française vis-à-vis de l’entreprise ? Leur responsabilité est immense !

    Ils justifient leurs rémunérations par comparaison avec leurs homologues américains ? Mais qu’ils partent alors ! Qu’ils aillent plomber les entreprises américaines si ça les amuse ! Au moins là-bas ce contrat est mieux respecté et ils déchanteront vite.   

    Alors même si le délit d’initié n’est pas prouvé dans le cas EADS, sa suspicion même ainsi que les propos tenus et le malaise provoqué doivent poussés ces messieurs les dirigeants à assumer et donc à démissionner.

 

Thiébaut 

14:10 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

Sur ce sujet je t'invite à jeter un coup d'oeil à ce site : http://www.pdgceo.com/index.php

La partie gratuite permet de se faire une idée des montants en jeu

Écrit par : Nicolas | 2006.06.18

Quelle semaine... la France de Dunkerque à Tamanrasset se lamente devant les résultats pathétiques des équipes de France et d'Afrique, et découvre que ses grands patrons-énarques ont une moralité légère, légère. Comme si cela ne suffisait pas, nous apprenons également que l'ENA ne leur a même pas appris à gérer une chaîne d'assemblage. Les mythes s'effondrent...

Dans cette grisaille, j'aperçois quelques rayons de soleil:
- le ministre d'Etat m'a rassuré quant au sort de Noël Forgeard, de ses enfants et d'Arnaud Lagardère. Il aurait déclaré qu'en cas de faillite d'EADS, papa Forgeard se verrait offrir le MINEFI, le petit Lagardère la présidence de GDF et les enfants Forgeard un poste à la FFF (Fédération Française de Football)
- hier samedi tout le pays était parcouru de doux arcs en ciel. Emerveillés et confiants dans l'avenir de notre société, nous avons pu admirer l'avenir de la France qui défilait fièrement dans nos rues. Je suis rassuré!

Ambrogio Riva

Écrit par : Ambrogio Riva | 2006.06.18

De toute façon ça ne sent pas très bon pour EADS : ils ont reçu le soutien de Chirac... Comme un malheur ne vient jamais seul...

Écrit par : thiébaut | 2006.06.19

Connais-tu ce blog Thiébaut: http://jeunes-pops.skyblog.com/index.html

j'ai bien ri!

Écrit par : Ambrogio Riva | 2006.06.19

Hello,

Non je ne connaissais pas ce blog mais... j'ai bien ri aussi !!!

Écrit par : thiébaut | 2006.06.19

Les commentaires sont fermés.

 
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