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2006.06.29

TED

medium_tedtalks_splash.jpg    Certaines interventions de la conférence TED (Technology, Entertainment, Design) version 2006 sont désormais disponibles en ligne. TED est une rencontre annuelle de 1000 personnalités brillantes d'horizons divers que rassemblent leur créativité, leur envie de faire évoluer les esprits et leur capacité à cerner les enjeux futurs.

    Les prestations de Hans Rosling et de Sir Ken Robinson sont à ne surtout pas manquer. En fait toutes les videos sont excellentes.

     Une occasion de saluer la formidable énergie qui se dégage de cette rencontre ainsi que de regretter parallèlement que de telles manifestations soient totalement absentes du Vieux Continent.

     A quand un TED français voire, soyons fous, un TED européen ? 

 

Thiébaut 

00:55 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

Sarkozy l'européen

medium_medium_sarkozy.jpg    On n'entend pas souvent notre cher Ministre de l'Intérieur s'exprimer sur l'Europe (ce qui peut à juste titre lui être lourdement reproché pour un candidat à l'élection présidentielle). Mais après avoir lu la critique de l'euro et de la BCE de son discours d'Agen, on ne peut que regretter qu'il ait abordé la question...

    On aurait ainsi préféré qu'il s'abstienne plutôt qu'il nous sorte la soupe habituelle qui grâce à lui est maintenant partagée par tous les courants politiques. Ce n'est plus d'Euroscepticisme que la France va souffrir, c'est d'Eurodéfiance ! Merci les politiques... 

    M. Sarkozy a donc cédé à la rengaine habituelle du "si la situation française est mauvaise, c'est pas la faute des politiques, c'est la faute de l'Euro(pe)". Ben voyons. Rejeter les responsabilités sur l'euro à coups d'exemples erronés et d'arguments économiques faux c'est tellement facile donc pourquoi s'en priver... 

    Une bonne critique de ce discours surréaliste est disponible sur le toujours excellent blog de Jean Quatremer que je vous incite à consulter régulièrement.

 

 Thiébaut

00:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

2006.06.23

Faire différemment la même chose ?

medium_buzzbazar.JPG

    Je viens de regarder avec attention l’interview de François Bayrou, premier podcast video du nouveau site http://www.buzzbazar.com

    Déception est le mot qui me vient en premier. J’étais au début enthousiaste en apprenant sur le blog de Loïc Le Meur, la naissance de BuzzBazar, je me suis dit qu’enfin aller se concrétiser un média vraiment alternatif sans concessions ni compromissions.

    La génération "blog-podcast" porte en effet en elle cette volonté de changement provoquée par l’insatisfaction des médias traditionnels. Sans contrainte de temps, les podcasts pourraient en effet être l’occasion d’approfondissements et de pédagogie, ce que ne permet pas le format télévisuel. Se défendant d’être des journalistes, ces interviewers 2.0 en remplissent bien la fonction et s’en approprient même parfois les travers. Déception donc finalement car cette interview illustre la malheureuse tendance du podcast français à faire du vieux avec du neuf.  

    En effet ici rien sur le fond. Vous n’apprendrez rien de plus que ce que l’on peut lire ici ou entendre là. Du vent, du vent, du vent. La journaliste 2.0 offre ici à Monsieur Bayrou une formidable tribune où il peut déballer les grandes lignes de son programme sans approfondissement et surtout sans contradiction. Ainsi aucune remarque sur le Service Civil qu’il propose, aucune demande d’éclaircissement sur ses éventuelles méthodes pour diminuer la dette de l’Etat, pas grand chose sur les enjeux de la proportionnelle etc… Aucune demande d’explications, de précisions. On ne demande même pas à Monsieur Bayrou d’argumenter…

    Un homme politique, il faut l’attaquer sur ses positions, le pousser dans son argumentaire, surtout un candidat à une présidentielle ! Ici rien.

    On se retrouve finalement avec la même soupe que d’habitude, des questions politiciennes sur son positionnement dans le paysage politique et sur Clearstream. Quelques pistes néanmoins sur des questions de société mais bon, on reste largement sur sa faim.

    Paroxysme de l’absurde pour un format sans contrainte de temps, le jeu simpliste du oui/non. Répondre par oui ou par non à une série de questions, quelle injure au débat ! Les français ne peuvent-ils pas comprendre une réponse de plus de trois lettres ?? Mais de qui se moque-t-on à la fin ? A vouloir faire mieux et neuf, on fait du vieux en pire.

 

    S’il y avait une chose à éviter dans le podcasting politique c’était la superficialité. Tout le monde y est tombé. En quoi les enjeux politiciens font-ils progresser ce pays ? En rien, alors parlez nous du fond ! Monsieur Bayrou, quid du chômage, quid de la mondialisation, quid de l’Europe, quid de l’Ecole, quid de la Sécu…. ? Bon sang, un peu plus d’ambition et de travail BuzzBazar !!

 

    On s’attend à mieux pour votre prochain podcast, bonne chance !

 

Thiébaut 


14:45 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0)

2006.06.22

Nuit de folie...

medium_FETE-DE-LA-MUSIQUE-2004-ISLE-SORGUE.jpgTous les 22 juin, la France travaille les cernes aux yeux et la tête sur les dossiers. Déjà obligés de payer nos impôts, de rouler à 130km/h sur l'autoroute, d'aimer tout le monde et de ne pas fumer après dîner, nous voilà depuis 20ans avec une fête d'obligation supplémentaire. Comme si le 31 décembre ne suffisait pas... Salut, qu'as tu fait hier soir? Pleins de trucs sympas... 

La réponse est forcèment évasive: ces festivités impératives sont synonymes d'ennui inévitable. Reconnaissons que le beau Jack a eu une idée lumineuse! Alors que la société perdait un à un tous ses points d'ancrage, ses valeurs et références communes, il a déniché l'ersatz miracle: la Fête. A condition que toute la France s'amuse au même moment, de la même chose. Les défilés de Nüremberg version démocrate en quelque sorte (mais de qualité plus inégale).

La musique n'est qu'un prétexte puisque de musique, chanceux qui en trouve. Plutôt une cacophonie monstrueuse où tous les ratés de la gratte nous imposent leurs braillements. 

Avec son évènement, Jack a imposé la Culture Populaire. En réalité, il a réussi à imposer sa merde sous prétexte qu'elle était Populaire. Et donc faire croire que la Culture Populaire était forcèment pauvre et désespérante. Beau résultat!

Ambrogio Riva

2006.06.18

L’Ethique du Capitalisme

 

                                 

     Le capitalisme français défraie la chronique, une fois de plus. Le cours de bourse d’EADS a décroché cette semaine de 30% de sa valeur en une journée, soit une perte de 6,6 milliards d’euros. La raison ? L’annonce de retards dans les chaînes de montage de notre A380 national qui impacteront in fine les délais de livraison. En outre, en même temps que les petits actionnaires voyaient leurs actions fondrent comme neige au soleil, on apprenait que quelques semaines plus tôt 6 dirigeants d’EADS avaient sagement vendu une grande part de leurs stock-options, empochant du coup, avant la tourmente, une plus-value de plusieurs millions d’euros. Vous avez dit délits d’initiés ?

   Le scandale ici est partout. Comment tout d’abord se satisfaire qu’une des plus grandes entreprises européennes puisse être la victime d’une gestion aussi calamiteuse de son système de production? Comment ne pas tomber de sa chaise quand on entend Arnaud Lagardère, co-président du conseil d’administration d’EADS tout de même, avouer en substance ne pas savoir ce qui se passe sur ses chaînes d’assemblage? Comment interpréter, sinon comme une défiance à la société que l’on gère, la vente simultanée par ses dirigeants, d’une partie de leurs stock-options? Comment tolérer que Monsieur Forgeard emploie le mot de « péripéties » pour décrire cette crise majeure? Comment enfin croire ne serait-ce qu’une demie seconde qu’au moment où les dirigeants ont exercé leurs stock-options ils n’avaient aucune idée des retards éventuels auxquels la production aurait à faire face alors que cette information circulait depuis longtemps sur les lignes de montage?

 

    Cette crise, tout comme l’affaire Zacharias, est un bon exemple, comme il y en a malheureusement quotidiennement en ce moment, du décalage entre la société française et ce que l’on ose encore appeler ses élites.

    Les rémunérations des grands patrons sont énormes voire disproportionnées mais que rémunèrent-elles au juste ? Ces sommes faramineuses, on a tendance à trop souvent l’oublier, ne rémunère qu’une seule et unique chose : la responsabilité.

    Cette rémunération est contractuelle. Quand une entreprise est florissante, il est normal que son dirigeant soit payé en conséquence, même grassement. En revanche, autant le dirigeant est responsable quand tout va bien, autant sa responsabilité doit être immédiatement mise en jeu en période de crise. Un patron est un fusible. Sa rémunération est une assurance. Quand tout va bien, il engrange mais quand la gestion est en cause, il doit sauter. C’est ce risque que paient ces salaires mirobolants et c’est cette partie du contrat que bon nombre de dirigeants ont tout simplement oublié.

    Quelle image du capitalisme donnent-ils alors ces irresponsables encravatés ? Comment s’étonner après de la méfiance de la société française vis-à-vis de l’entreprise ? Leur responsabilité est immense !

    Ils justifient leurs rémunérations par comparaison avec leurs homologues américains ? Mais qu’ils partent alors ! Qu’ils aillent plomber les entreprises américaines si ça les amuse ! Au moins là-bas ce contrat est mieux respecté et ils déchanteront vite.   

    Alors même si le délit d’initié n’est pas prouvé dans le cas EADS, sa suspicion même ainsi que les propos tenus et le malaise provoqué doivent poussés ces messieurs les dirigeants à assumer et donc à démissionner.

 

Thiébaut 

14:10 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (5)

2006.06.13

Petite leçon de mondialisation, morceaux choisis…

 

     Quelques extraits d’un article de Gordon Brown, Chancelier de l’Echiquier du Royaume Uni, publié dans Newsweek et tel qu’on aimerait bien en lire de ce côté-ci de la Manche.

 

 “Don't Fear the Future
 
The global economy is disorienting, but full of opportunities, too.

 

    In the last year 1 million manufacturing jobs have been lost from America, Europe and Japan, and one quarter of a million service jobs gone offshore. For the first time Asia is outproducing Europe. (…)

    Last century's interwar years produced protectionist beggar-my-neighbor policies which only intensified the Depression and set nation against nation. Now, in 2006, protectionist forces are on the rise again: "economic patriotism" in Europe, populism in Latin America, anti-immigrant feeling and sullen resistance to change on just about every continent. (…)

 
    The paradox of today's globalization is that even its winners feel themselves to be losers. Globalization is cutting the price of consumer goods from clothes to electronics, putting what were once luxury goods into the hands of millions of ordinary households. Cheaper products and sometimes services from newly emerging countries create the competition that spurs us on to greater productivity and innovation. And emerging markets are, in fact, expanding markets for us just as we are for them. U.S. and European company brands are emblems all over the world, and their global penetration, as much as homegrown entrepreneurship, is the key to our future success. (…)
 
    Isolationism, partial retreat and protectionism are self-defeating options. By attempting to shelter ourselves—to pick and choose which barriers we raise or lower—we will only fall behind, risk competitiveness and pay a higher price for long-run adjustment. (…) the lifeblood of a market economy is the continuous injection of new competition (…)
    We need to explain that the same globalization that results in the loss of old jobs can create new and better jobs. (…)

    In the case of Britain and Europe it will require a stronger entrepreneurial culture that encourages new ideas, support for innovation by helping with risk finance, and commercialization of technology that helps disseminate the ideas. (…) our best course is still to have the confidence to find our comparative advantage by investing in a more highly skilled work force that can respond quickly and flexibly to change. (…) persuading people that while we may not be able to stop them losing the last job, we can do a great deal to help them be equipped for the next jobs (…).

    It is now our task to demonstrate to those who lose jobs to the global economy not only that we are on their side, but that new and good opportunities will be available. (…)
    But globalization must mean something more than open markets, free trade and investment in innovation and education: it must also mean a level playing field. Everyone must become as open as each other. (…)
   
    We must also recognize how quickly other countries' problems can become our problems too. Movements of people from poor to rich countries will speed up and extremists will be able to exploit weak states unless we help empower these poorer countries' economic and social development. Encouraging education for all—and removing obstacles to economic development—is, thus, not just a moral cause but a modern strategic and economic imperative.”

 

Le texte dans son intégralité sur : http://www.msnbc.msn.com/id/13249926/site/newsweek

Pour des chiffres sur la mondialisation, consulter : http://gapminder.org/ 

 

Thiébaut 

01:05 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0)

2006.06.09

L’insoutenable legerté d’être Marie-Antoinette


Quelques minutes à peine se sont écoulées et l’on reconnaît déjà la patte inimitable de Sofia Coppola, sa lumière, son rythme, ses angles de vue…

medium_18480276.jpgAlors que le générique et les premières critiques laissaient présager un « Ally McBeal à Versailles », le film réserve plutôt une agréable surprise. Les tatillons, bien sûr, y trouveront à redire, le départ d’Autriche de la future Dauphine est filmé à Vaux-le-Vicomte et la première pièce dans laquelle elle entre à Versailles est en fait le salon ovale de l’hôtel de Soubise à Paris. Toutefois ce ne serait pas rendre justice au film que d’épingler ces petites libertés prises par rapport à l’histoire. Entre la lettre et l’esprit, Sofia Coppola a choisi l’esprit et un des plus légers qui soient.

Le spectateur découvre ainsi avec les yeux de la future reine la vie de Versailles, le château, la Cour, l’Etiquette. L’histoire prend son temps et a bien raison. Les images du parc qui se réveille, avec ses bassins qui s’animent et ses façades qui s’éclairent sont de toute beauté. medium_18610073.3.jpg


L’insouciance du microcosme dans lequel évolue Marie-Antoinette, cette fraicheur et ce goût de la vie autour d’un dîner aux chandelles ou d’une coupe de champagne à l’aube donnent un rythme à la fois enlevé et coulant. On se laisse porter et on cueille l’instant, une musique décalée, un bal masqué à l’Opéra Garnier (bel exemple de néobaroque XIXe !), des toilettes extravagantes, des pâtisseries délirantes... tout passe en douceur. On se laisse également toucher par la complicité entre la Dauphine et le roi, son beau-père, ou par le couple Louis XVI – Marie-Antoinette. On prend en amitié la superficielle duchesse de Polignac, jet-setteuse invétérée, ou la princesse de Lamballe, confidente de la reine. On redécouvre enfin Versailles dans ses plus beaux atours, de la Galerie des Glaces au Petit Trianon, du Grand Canal à la Cour de marbre, de la chambre du Roi à la chapelle etc. Là où le Da Vinci Code avait échoué avec le Louvre, Sofia Coppola réussit à Versailles : exploiter la magie des lieux.

medium_18480274.jpgMais la grande Histoire ne tarde pas à rattraper la petite et la foule en colère ramène de force la famille royale à Paris. On voudrait encore croire à une happy end. Le film s’achève, tout en pudeur. Il est déjà loin le léger temps des rires et des folies. Marie-Antoinette jette alors un dernier regard sur Versailles comme on essaye de se souvenir d’un beau rêve quand il faut se réveiller.

 

Primo Piano 

02:25 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (2)

 
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