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2006.12.01

La Folie des Modernes

Pour conforter le point de vue de Primo Piano et pour aller plus loin je crois qu’il faut considérer Dominique de Villepin comme une bénédiction pour notre temps. Ses grands airs arrogants, sa grandiloquence fatigante et son ton pompeux lorsqu’il aborde les sujets les plus banals agissent comme un vaccin. Enfin les Français zappent ! Ils zappent pour regarder autre chose que les émissions politiques où il apparaît.
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Bonne nouvelle, les Français se désintéressent de la politique et placent leur famille en tête de leurs préoccupations.

Je m’en réjouis. L’attrait pour la politique, pour toute chose abstraite et lointaine est un mal bien français. Nulle autre nation n’est aussi politique que la nôtre. Se passionner pour les questions et les enjeux abscons, les statistiques qui expliquent tout et la législation applicable aux autres sont nos sports favoris.

J’en diagnostique une névrose !

Qu’est-ce qui peut bien pousser un homme normalement constitué, aux préoccupations saines et bien entouré de voisins, d’amis et de parents à tout quitter pour se préoccuper de choses publiques, à s’inscrire dans un parti politique, à coller des affiches pour quelqu’un qui n’est même pas de ses amis, à imaginer que la société a besoin de sa personne, à être élu, à légiférer sur le quotidien de tout le monde, à avoir un avis sur tout et à se passionner pour des idées aussi désincarnés que sont le marxisme ou le libéralisme ou tout autre idée sorti de cerveaux plus ou moins malades, au point d’y conformer sa vie morale.

Non, décidément, tout ce qui est politique relève de préoccupations malsaines par définition.

Un homme normalement constitué se préoccupe de son jardin, ses géraniums, sa voiture, sa femme, ses enfants et ses factures à payer.medium_les_20temps_20moderne.jpg

Un de nos contemporains nous a montré l’exemple à suivre, quitte à choquer le monde ; c’est Ratzinger. Pas Josef, mais son frère Georg qui, une demi-heure après l’apparition de son cadet au balcon de Saint-Pierre expliquait aux journalistes bavarois venus l’interroger qu’il regrettait le succès de son frère : il eût préférer jouir de sa retraite et partir à la pêche entre frangins.

Ô Génie bavarois qui ne se soucie que de faire chanter ta chorale, d’honorer le bon Dieu et de la qualité de la bière !

Gloire à toi héros ordinaire que l’histoire oubliera mais qui saura jouir de l’humble bonheur des hommes.

Mais, paradoxe de mon diagnostic : vouloir que les gens ne se soucient que de ce qui est à leur portée, n’est-ce pas déjà esquisser une politique ?

Déformation d’études trop orientées vers la chose publique ou bien seule véritable solution politique vivable, mon constat m’inspire une détestation du socialisme, de l’étatisme en tous genres, de Ségolène Royal qui viendra légiférer dans votre jardin, de N. Sarkozy qui vendrait sa famille ou celle d’un autre pour quelques voix , de l’Education Nationale qui nous a appris à préférer les traditions exotiques aux nôtres, de Mai 68 qui entretient le mythe de l’agitation collective qui mène au bonheur et même de la Révolution française qui a abolit les solidarités traditionnelles qui assuraient justement aux français de ne pas avoir à se préoccuper de politique.

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Picabia, Parade amoureuse, 1917, coll. part.

Au contraire, cela m’inspire de la révérence pour le folklore populaire que la télévision a oublié, pour l’art populaire aux auteurs anonymes, orfèvres ès civilisation, qui ont tissé le lien social pendant des siècles, pour l’ouvrier et le paysan dont Péguy a su parler, pour la sainte Pauvreté que Bernanos a désigner comme l’unique voie de l’héroïsme quotidien, pour les enfants préférant jouer aux billes que de rêver de construction européenne, et même, je l’avoue, de la nostalgie pour l’Ancien Régime qui plaçait à des postes de gouvernement des hommes qui ne s’étaient donnés que « la peine de naître » transmettant sans autre ambition que la piété filiale le patrimoine de leurs pères.

Finalement, seul le légitimisme nous offre une sortie du tout-politique !

 

Klarenberg

18:05 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Merci pour l'article. C'est un but de Primo Piano que de devenir un blog participatif.

Le gant est jeté.

Écrit par : primo piano | 2006.12.01

Les commentaires sont fermés.

 
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