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2007.01.03

Valeurs contre vertus

Cher Primo Piano, votre article sur « l’impeccable blancheur de la vertu » ne pouvait pas me laisser medium_medium_segolene.2.jpgindifférent : je m’étonne qu’un homme avisé comme vous ait pu confondre « valeurs » et « vertus ». Vous parlez de valeurs dans le discours de Ségolène Royal. Permettez-moi de vous faire remarquer que les valeurs ne sont pas les vertus. Ne pas faire de distinctions entre ces deux notions est peut-être un symptôme de notre époque et nous expose à ne rien comprendre à la décadence de notre société. En effet, quelle autre époque a autant utilisé les mots de valeurs, respect, tolérance et justice et les a si peu pratiqué ?

On dirait même que plus on les évoque moins on les rencontre.

Et pour cause : les valeurs sont des concepts, ils relèvent du discours et de l’intellect, éventuellement du droit : ils disent ce qui devrait être mais n’ont aucune prise sur les comportements réels ; les vertus, en revanche, sont la pratique personnelle et assidue de comportements qui rendent chacun meilleur, elles sont la clé et l’enjeu de toute éducation.

On comprend dés lors qu’une société démocratique et laïcisée parlera plus volontiers de valeurs auxquelles chacun peut « adhérer » alors que les sociétés religieuses mettront en avant la pratique des vertus : beaucoup plus intimistes mais plus souples : chacun devant pratiquer selon ses talents et son état.

Bref, plus on exige de valeurs, tel un impératif kantien, moins on se donne les moyens de pratiquer les vertus qui ne peuvent s’accommoder de contraintes ou d’exigences juridiques extérieures aux personnes.

Il n’est donc pas étonnant que ce soit une socialiste qui parle le plus de valeurs : l’étatisme sous-jacent à son idéologie se nourrit de ses valeurs toutes froides et imposées par les lois.

medium_medium_logolysroyale1qz6fm.jpgA cet égard, l’antiracisme est un excellent exemple ; quand les mouvements antiracistes veulent corriger les comportements haineux, ils utilisent le droit, les poursuites judiciaires, la censure, l’intimidation… En voulant promouvoir la vertu, ils pratiquent eux-mêmes la haine qu’ils condamnaient chez leurs voisins. La vertu authentique recherche les moyens adaptées aux fins.

Permettre les comportements totalitaires au nom de valeurs aussi utiles soient-elles, voila le fin mot du royalo-socialisme : voila le vice sous les traits d’une madone en tailleur blanc.

Commentaires

Bravo, nous inaugurons le courrier des lecteurs du blog !

Pour ce qui est de la réponse elle viendra la semaine prochaine ... pour cause de souci informatique.

Une remarque cependant, je ne suis pas sûr de la pertinence du clivage gauche = valeur / droite = vertu.

Ou dans ce cas comment comprendre la vertu d'un Robespierre et les valeurs d'un Louis XVIII ?

On en reparlera je pense, j'ai peut-être lu un peu vite.

Écrit par : primo piano | 2007.01.03

Doit-on comprendre que Louis XVIII était de droite? ;-)

Écrit par : Ambrogio Riva | 2007.01.03

Quel rapport avec Louis XVIII?

Écrit par : vito andolini | 2007.01.04

Les commentaires sont fermés.

 
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