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2007.02.11

Cinéma, Cinéma

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Taxi 4, Spiderman 3, Shrek 3, le coeur des hommes 2, Harry Potter 6, Rambo IV, Les Randonneurs 2, Scary Movie 5, Pirates des Caraïbes 3, Ocean’s Thirteen, Alien vs. Predator 2 etc, etc, etc...

    L’année cinématographique 2007 sera riche en suites de films à grand succès. Mais que révèle au fond cette tendance ? L’appétit du public pour les suites et pour les séries de films (Indiana Jones, James Bond) a toujours existé mais jamais une telle concentration de suites la même année n’a été observée.

    Depuis quelques temps, on a ainsi vu se multiplier les suites de films populaires depuis notamment l’apparition des sagas cinématographiques (Matrix, Le Seigneur des Anneaux) mais également depuis que, pour la première fois, un soin équivalent a été apporté au premier film et à sa suite (Shrek, Pirates des Caraïbes). Les suites ont ainsi presque cessé de capitaliser sur leurs aînés en proposant des productions réalisées à la va-vite, avec des budgets et un casting reserrés.

    A la question, pourquoi multiplier les suites, on pourrait donc en toute logique mettre en avant l’engouement du spectateur pour des suites enfin de qualité, le goût du public pour les sagas, la réduction des coûts engendrée par la sérialisation des films... Et puis tout simplement parce qu’aujourd’hui, regardez le box-office : Les suites ça plaît, ça marche. La gestion des productions se déplacerait ainsi d’une course à l’innovation scénaristique vers des rentes de marques (Rocky, Shrek, Harry). Sans parler de l’apparition de séries télévisuelles de plus en plus soignées, scénarisées et travaillées à la manière des grosses productions (Lost, 24, Prison Break...)

    A part donc pour l’innovation qui en prend un coup, pourquoi se plaindre ? Et bien il me semble que cette tendance est au contraire inquiétante. Le spectateur, qui veut voir et revoir ses mêmes héros, les suivres sur plusieurs films, développe une frilosité devant la nouveauté. Il sera même plus indulgeant envers une suite moyenne qu’envers un film moyen "isolé". La déception étant alors multipliée. De quoi s’agit-il alors si ce n’est d’une aversion grandissante pour le risque, et que traduit-elle sinon la peur d’une société, d’une civilisation ? Une civilisation qui se replie sur elle-même et se referme sur des valeurs sûres.

    Aujourd'hui je réalise ainsi un arbitrage entre "film isolé” et "suite d’un succès". Le risque d’être déçu par le premier est plus grand, mon choix est donc évident. A la limite, si je suis déçu par une suite, j’aurais lissé mon risque sur l’ensemble de la série. Et si je choisis un film “isolé” et en suis content, je souhaite rentabiliser ma prise de risque et exige dès lors une suite. J'ai pris un risque, j'en veux pour mon argent...

    La frilosité devant le risque, symptôme de l’immense trouille qui règne actuellement, voilà qui semble être le ressort sous-jacent du succès si impressionnant des suites et séries en tout genre. Une civilisation qui a peur est une civilisation qui n’innove plus et une civilisation qui n’innove plus est vouée à décliner puis à s’éteindre. La nature a horreur du vide et le déclin de la prise risque.

 

Thiébaut 

16:20 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1)

 
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