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2007.09.21

Cocorico

Que les patriotes et les amateurs de rugby me pardonnent, ils ne me sont pas antipathiques mais je dois vous révéler une crainte profonde : je suis effrayé à l’idée que la France puisse gagner la coupe du monde de rugby.

Ce blog n’a pas pour habitude de traiter de sport, il préfère les sujets sérieux. Mais là, c’est capital !

Imaginez un instant votre vie après la finale remportée par le XV de France et vous sentirez plus que jamais la présence des médias dans votre vie.

Hormis l’Equipe qui titrera « Laporte est sublime » sans même soupçonner le jeu de mot, voici quelle sera la teneur des gros titres des journaux :

Le Monde s’étonnera placide et incrédule : « Une victoire pour la France  », Le Figaro : « Laporte : une France qui gagne », Libé : « Sarkozy fait coup double : la présidentielle et la coupe du monde », Marianne : « Les Français maîtres du monde », Français d’abord : « Les Français enfin maîtres chez eux » et l’Humanité dans un délire mystico royaliste inhabituel : «  La France sacrée ».

Et dans les pages intérieures de vos journaux préférés, vous pourrez lire l’analyse de François d’Orcival qui démontrera comment la méthode Sarkozy a fait gagner l’équipe de France : « volonté, rupture, les maîtres mots de la victoire. »

Michel Schiffres dans le Figaro Magazine déclarera que « les français ont bien mérité une victoire. Ils montrent au monde qu’en sport, comme en diplomatie, un nouveau souffle anime la France.  » Plus loin, Alain-Gérard Slama : « le discours de réussite typiquement sarkoyien a dominé la coupe du monde et a permis la victoire. »

Le Monde encore développera dans ses pages « perspectives » que « cette victoire marque l’entrée de la France dans l’ère des réformes : les français sont prêts, cette coupe du monde l’a révélée. »

« Les français gouttent au sarkozysme : style composé d’efforts, de volonté mais aussi de victoires éclatantes » pour Christophe Barbier de l’Express.

Max Gallo finira de se compromettre et verra dans l’élan de la victoire « le sacre de l’unité nationale retrouvée grâce à la présidentielle. »

Et tout journaliste qui se respecte rabrouera François Hollande qui osera remarquer que « à ce que je sache, Nicolas Sarkozy ne joue pas dans le XV de France. »

Le Point et l’Express réduiront la controverse à rien du tout et François hollande à ce qu’il est en publiant un dossier bien renseigné révélant que « de tout temps, les victoires sportives ont révélé un bien-être politique ; la preuve : les succès sportifs de l’Union Soviétiques. »

Quant à Rivarol, la vraie France, costaude et rurale gagne toujours pour peu qu’on la laisse s’exprimer et que si le président voulait bien l’écouter, la France serait la plus brillante civilisation connue.

L’Usine nouvelle et le Moniteur des travaux publics constateront respectivement que « Laporte met sa méthode de management au service de Sarkozy » et que le président « appelle à lui les compétences éprouvées. »

Chacun pourra en conclure après ce bon lavage de cerveau que la « France qui gagne est au service de Nicolas Sarkozy », comprendre : « si tu travailles pas pour le pouvoir en place, tu es un looser et tu es condamné à disparaître et à mourir seul, un soir dans la forêt, sous la pluie dans d’atroces souffrances et l’indifférence générale. »

Mais la palme viendra de Sarkozy lui-même : sur TF1 en direct, vous pourrez entendre son commentaire après le match repris par toutes les éditions de toutes les chaînes : « qu’est-ce que je constate ? Je constate que, quand la France se rassemble, par delà les clivages, quand il y a une détermination forte, qu’elle croit en elle et qu’elle accepte la compétition alors la France peut gagner. Je ne vois pas ce qu’il y a de scandaleux à dire cela et si ça choque M. Hollande ce que pensent les français, alors il est de mon devoir de lui dire qu’il faut renoncer à la politique. Moi, j’ai beaucoup de respect pour Bernard Laporte, et ce qu’il a fait sur le terrain, je le ferais en politique parce que les français le méritent et que les choses doivent avancer. »

 

Le pire et le moins croyable c’est que personne ne pensera à en rire.

 

Vito Andolini

 

 

11:05 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (4)

2007.09.20

La fête de l’humanité déchue

« Il est des lieux où souffle l’Esprit », assurément, Barrés a écrit cette sentence pour la fête de l’Huma. Mais l’esprit qui soufflait sur cette fête le week-end dernier n’est pas celui que le lorrain croit, ce serait plutôt l’esprit du temps.
Ceux qui étaient à La Courneuve l’ont vu : le communisme n’est plus ce qu’il était : ce grand mouvement fraternel associant les humbles dans une lutte contre le monde moderne.
C’est cette incompréhension du monde moderne qui le rendait sympathique à tout français bien né : il recréait un peu à sa manière le charme de l’Ancienne France, et par certains côtés, il a maintenu ces qualités. Il n’y a plus guère qu’à la fête de l’Huma qu’on retrouve cette passion française pour les débats d’idées, ce goût des chansons à texte, la défense des folklores régionaux, la simplicité de l’hospitalité de toujours, une convivialité bien de chez nous, le tout dans un cadre politisé…bref, la réconciliation des idées et de la bonne chair.

Ce qui est moins glorieux et peu justifiable, c’est la présence des partis communistes de Chine et du Viet Nam (ces démocraties qui s’ignorent), partis frères, Etats sœurs. A moins de considérer que ces pays sont des marchés qui s’ouvrent à nos entreprises nationales et que si on veut notre part du gâteau…bla… bla… bla …
Etonnant aussi cette omniprésence de jeunes crasseux odoriférants amateurs de chanteurs dépressifs côtoyant de vieux ouvriers joviaux qui préfèrent les paillardes ; l’époque est loin où le PC tenait lieu de discipline à la jeunesse.
Mais là où l’esprit du temps l’emporte définitivement c’est dans les rassemblements : imaginez que les communistes d’aujourd’hui chantent l’hymne national avant l’Internationale.
Etonnant mais pourtant vrai, on chante la Marseillaise à la fête de l’Huma (avec toutefois moins d’ardeur que les révoltés de Budapest en 1956).
On aurait aimé que les sacrifices à la mode sarkoziste s’arrêtassent là. Non ! Il a fallu subir de longues publicités de multinationales, en particuliers Lagardére, entre un discours anticapitaliste aux accents révolutionnaires et les chansons de Renaud.

A la fête de l’Huma, on croit rencontrer une humanité nouvelle, régénérée dans le communisme, toute neuve et on s’aperçoit qu’elle a ses qualités, ses faiblesses, ses petites lâchetés et ses grandeurs : après tout c’est peut-être une bonne nouvelle : si l’Huma accepte d’être banalement humaine, elle n’est alors plus tout à fait communiste.
Finalement, je donne raison à son slogan : « Dans un monde parfait, l’humanité n’existerait pas. »
Vivement que ce paradis n’advienne pas.

Klarenberg

Réchauffement climatique, UMP et mutation de l’espèce

Qui se promène dans les rues so chic du 7ème arrondissement est frappé immédiatement d’un malaise diffus, inexplicable. On se sent ailleurs tout en étant en plein cœur de Paris. Les autochtones semblent être de bons français de souche, comme dirait l’autre, et pourtant…. Cela ne ressemble plus à l’humanité que nous avons connu. Ah…. Ils portent bien collier de perles et chevallière mais, après six mois d’étude et de recoupement, nous sommes arrivés à la conclusion que la jeunesse du 7ème n’est plus vraiment… de la même race ethnie que nous.  Elle a mûté. D’aucuns mettront en cause le réchauffement climatique (qui a bon dos) et réclameront l'installation d'éoliennes à la place de la statue équestre de Louis XIV dans la cour du château de Versailles. Le grand scientifique Claude Allègre a certifié que cela n’était que propagande totalitaro-écolo.

Mais tournons nous du côté du parti unique majoritaire. Le maire de Neuilly l’avait promis : la France d’après est là, le 7ème est l’avant-garde de la France révée par le nouveau pouvoir, peuplée de miséreux ponctionnés par l’ISF et autres boursicoteurs laissés pour compte. Ils ont mûté. Regardez bien les hanches de cette jeunesse. Ah oui ! Vues! Elles ont disparu.

La France d’après voulue par celui-dont-il-ne-faut-pas–dire-le-nom n’a plus de hanche. Une France androgyne…. Une France moderne…

Ainsi la commission électorale de l’UMP n’aura plus à s’arracher les cheveux sur les quotas de parité homme-femme, la Sécu ne sera plus ennuyée par le sexe des transsexuels, et les maires n’auront plus à vérifier que le sexe des mariés (cf  la papesse Jeanne…)

La France d’après…

Ambrogio Riva

 

19:20 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2)

 
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