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2007.12.29

Le temps de l'esprit contre l'esprit du temps

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Dans des temps immémoriaux, où nos chefs d'Etat avaient à coeur de mériter le passé et de promettre l'avenir, les choses allaient autrement. Jamais on n'eût pu imaginer le Prince -au sens du « princeps », le premier des citoyens- s'afficher lundi avec Mickey et mardi avec le Pape. Jamais on n'eût pu imaginer la fine fleur du catholicisme français se ranger sous la bannière du matérialisme le plus éhonté. Jamais non plus on n'eût pu imaginer un ministre se mettre en sous-vêtement en public pour sauter dans les eaux d'une improbable lagune. Jamais en somme on n'eût pu imaginer un tel sens de l'anecdote et un tel mépris de l'Histoire. Mais soyons franc, l'historien sourcilleux ou le sarkozyste zélé auraient vite faite de trouver quelque micro-exemple insignifiant pour désarçonner mon propos. Précisons donc que, quand nous écrivons « jamais on n'eût pu imaginer », nous nous indignons surtout de la médiatisation dont est l'objet ce que nous dénonçons et de l'indécente indifférence dans laquelle tout se passe. Dans des temps immémoriaux, le ridicule tuait. Aujourd'hui il gouverne. Dans des temps immémoriaux, le plus laïcard des républicains n'aurait pas fait attendre vingt minutes le Souverain Pontife, ne serait-ce que par exemplarité et souci d'irréprochabilité. Dans des temps immémoriaux, le plus invertebré des présidents du conseils n'aurait pas fait de Fernand Raynaud un diplomate d'occasion pour étoffer le cortège des représentants de la France devant la plus importante autorité spirituelle du monde. Dans des temps immémoriaux, le plus infatué des élus locaux n'aurait pas offert au Pape un livre qu'il aurait écrit lui-même ou fait écrire. Dans des temps immémoriaux enfin, ceux qui pensent auraient hurlé. Or c'est bien là qu'est le drame. Il faut des gens qui pensent et qui hurlent. Au tabernacle du culte de l'événement, de l'actualité, du scoop et du sensationnel, il faut des anachorètes de la société de masse qui pensent et continuent à penser. Devant la bêtise, l'indifférence, l'indignité et l'indécence, il faut des prophètes qui hurlent et qui condamnent. Ce qu'il faut ce sont des bénedictins qui gardent la civilisation pendant l'eclipse intellectuelle et critique que nous vivons, des Jérémie qui fustigent les manquements et annoncent les catastrophes. Des hommes en un mot qui sursoient à la démission collective de la pensée et acceptent de devenir les custodes d'un temple que personne n'honore plus. Sans eux, qui nous garantira que demain quelqu'un saura encore déchiffrer le latin inscrit sur nos monuments et le leçons de notre Histoire ? Qui nous assurera que nos descendants auront les moyens -le reflexe- de s'interroger sur leur passé et sur leur avenir ? Le règne du présent c'est le diktat de l'instant c'est-à-dire de l'insaisissable, c'est l'abandon de la perspective et de la projection, c'est l'enfermement dans la gestion et dans la consommation. Le règne du présent, c'est ce qui fait croire à nos décideurs que leurs actes sont légitimes parce qu'ailleurs d'autres font la même chose. Le règne du présent, c'est la victoire des logiciels informatiques sur les humanités, de la culture générale sur l'érudition et des marques sur les valeurs. Le présent n'existe pas et ne doit pas exister, c'est pourquoi il faut des gens hors du temps et hors du monde. C'est pourquoi il faut des gens qui pensent et qui hurlent. C'est pourquoi il faut avoir la nostalgie des temps immémoriaux, ces temps où notre pays avait plus à coeur de briller comme personne que de ramper comme tout le monde.

Primo Piano

2007.12.22

Lacher de salopes au Vatican

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    Quoique disent les mauvais esprits, M. Sarkozy poursuit la grande tradition gaulliste, en la modernisant et en lui donnant de l'ampleur. De Gaulle se contentait de lacher ses salopes de ministres dans la cour de l'Elysée le mercredi à la sortie du conseil des mnistres (souvenez-vous, il y avait des beaux échantillons: Broglie, Joxe, Messmer). Son successeur leur fait voir du pays en les présentant au Saint-Père. NS a mis le paquet en exhibant fièrement la nouvelle première grue de France, sûrement financée par Bouygues BTP.

    Les problèmes budgétaires de la France ont même trouvé une solution digne de Sainte Rita: bourrez Bercy et plus de problèmes de bourse. On a les Saints que l'on mérite: Sarkozy a Bigard.

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Il salopio 
 

16:33 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

 
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